WEBRip 1080p
États-Unis / 2013
Réalisation : Joey Figueroa, Zak Knutson
Production : Zak Knutson, Joey Figueroa, Ken Plume
Photographie : Zak Knutson, Joey Figueroa, Jim Firios, Austin Nordell
Montage : Zak Knutson
Musique : Daniel Sternbaum
Avec des interviews de : John Milius, Ethan Milius, Amanda Milius, Walter Murch, Randal Kleiser, George Lucas, William Phelps, Donald F. Glut, Harrisson Ford, Steven Spielberg, Lawrence Gordon, Peter Bart, Michael Mann, Al Ruddy, Francis Ford Coppola, Sam Elliott, Clint Eastwood, Charlie Sheen, Oliver Stone, Arnold Schwarzenegger.......
Un nounours avec un AK47, c’est ainsi qu’on décrivait John Milius
dans la fleur de l’âge. Le métier se rappellera de l’AK47 plutôt que du
nounours. Le documentaire qui lui est consacré et qui porte son nom
préfère nous rappeler que Milius a été l’auteur de films qui ont marqué
des générations de spectateurs et de cinéastes, et le précurseur d’un
cinéma violent, à l’image de la société américaine dont il était le
reflet. « Aucun d’entre nous ne pouvait écrire ce que John écrivait » pourraient déclarer en choeur Spielberg, Scorsese, Lucas et Coppola,
quelques uns de ses camarades de classe à l’Université de Californie du
Sud. Ils louent certes le talent du conteur, mais aussi celui de
l’homme, capable « d’assumer ce qu’il écrit ».
Les scénarii de Milius résonnent comme des manifestes pour
l’autodéfense, le machisme, et la NRA (le puissant lobby des armes à
feux). L’Inspecteur Harry
lui doit tout, et notamment ses répliques cultes, punks. En 1978, il
s’attaque sans précaution à l’adaptation d’un livre de guerre sur lequel
plusieurs scénaristes majeurs se sont cassés les dents avant lui. Entre
ses mains « Au cœur des ténèbres » de Joseph Conrad, va devenir Apocalypse Now
de Coppola, dont on apprend que le titre est un détournement
provocateur d’un slogan hippie – qu’il aimait détester, appelant à la
« paix maintenant ».
On se souvient aussi de Conan Le Barbare dont Oliver Stone cosigna le script, mais moins de Big Wednesday,
film exaltant aussi la fraternité masculine, l’héroïsme et un certain
vague à l’âme, s’achevant par le départ d’un des protagonistes, un
surfeur, pour la guerre du Vietnam. Tombé dans un oubli tout relatif
parce que le studio n’y croyait pas, ce film de 1976 dévoile une autre
facette de Milius, le réac’. Il se définissait politiquement d’ailleurs
comme un « anarchiste zen », « plus proche de Mao » que le fasciste américain qu’il se plaisait à jouer en public. Avec un demi-sourire complice, Sylvester Stallone
avoue, dans le documentaire, que l’industrie a en effet une certaine
couleur politique. Même si elle donne l’impression contraire, Hollywood
est plutôt démocrate et « gauchiste » (liberal), c’est à dire,
en termes français équivalents, elle serait de centre-droit avec des
démangeaisons à gauche. Alors elle ne lui pardonnera pas quand il
réalisera l’Aube Rouge où l’on voit un patelin américain occupé
par l’armée coréenne associée aux Mexicains communistes, et une bande
de lycéens prendre les armes pour la liberté et la Nation. « J’ai été blacklisté »
dira Milius. Sans doute parce qu’il tendait à la face du public
américain un miroir peu reluisant à travers ses films, mais pas
seulement. Son personnage, ce qu’il était, ses provocations répétées ont
eu raison d’une industrie peu à peu noyautée par les multinationales et
les cadres commerciaux. Menacer un collaborateur en pointant un flingue
sur sa tempe, ça passe dans une fiction comme The Big Lebowski (dont il inspire le personnage joué par John Goodman). Pas dans la vraie vie.
Sa carrière va s’arrêter tout doucement à partir de la fin des années
80. De moins en moins sollicité pour l’écriture, il est appelé en
renfort pour améliorer ou réécrire tel dialogue, telle réplique. Il doit
se contenter de téléfilms et de jeux vidéos. Puis on ne l’appelle plus
du tout. Au point qu’il en vient à quémander un job de second couteau
dans le pool d’auteurs de la série Deadwood. On le lui refusera, car le scénariste de Jeremiah Johnson et de 1941 est trop cher, trop lui. Clint Eastwood
d’abord dément la version de Milius : lui-même, en tant que républicain
notoire, n’a jamais eu à souffrir d’ostracisme de la part du milieu. Arnold Schwarzeneger
lui aussi, n’a pas payé pour ses opinions politiques tant que le public
payait pour lui car la seul chose qui compte à Hollywood « c’est l’argent ».
Milius refait surface en produisant la série Rome en 2005. Et au moment où il travaille sur l’adaptation de l’épopée de Gengis Khan
pour la télévision en 2009, il plonge dans d’autres profondeurs : un
AVC lui fait perdre l’usage de la parole et la coordination de ses
gestes. C’est son fils qui va le faire émerger, en lui faisant écouter
sur son lit d’hôpital la musique de Basil Poledouris composée pour Conan.
S’ensuit une longue ré-éducation ponctuée de passages au stand de tir
où Milius jubile de pouvoir abattre plus d’une cible mouvante sur trois.
En quelque sorte, en se battant contre la paralysie et en revenant
malgré tout dans le business, il est en passe de gagner sa vraie guerre.
Belle leçon de vie pour un ex-jeune surfeur qui rêvait de mourir à 26
ans au combat, au Vietnam, mais qui fut réformé à cause/grâce à son
asthme. Le sang qu’il n’a pas versé en Asie, il l’a versé dans ses
films. La violence qu’il n’a pas exercé sur son prochain, il l’a exercé
dans ses films. Le héros qu’il n’a pas été, il l’a été dans ses films.
Le documentaire retraçant la vie de Milius n’est pas extraordinaire en
soi, car sa réalisation et son montage sombrent dans le classicisme,
mais la quantité et la qualité des témoins qu’il fait intervenir l’est.
Tant il est rare de voir tous ces grands noms du cinéma d’hier et
d’aujourd’hui (la moyenne d’âge des intervenants est de 60 ans), y
compris les frères Cohen par procuration, rendre hommage à un quasi-inconnu nommé John Milius (...)
LES 100 FICHES À LIRE CI-DESSOUS...
(Merci à mon ami Greg)
ou



























YES ! Merci Loco !
RépondreSupprimermerci pour ce doc sur ce taré de Milius
RépondreSupprimerUn super doc!Merci (il a été proposé sur WZ il y a quelques temps^^ > http://stalkerjany.blogspot.com/2020/06/milius-man-myth-legend.html )
RépondreSupprimerPas fait attention. J'ai utilisé un mp4 de chez rargb et les sous-titres qu'un ami a trouvé sur le oueb ;-)
RépondreSupprimerTout le monde ne fréquente pas tous les blogs,at quand bien meme,on peut parfois passer à coté de trucs..Donc merci encore de le proposer ici car c'est un super doc!!!
SupprimerUn grand merci pour ce partage
RépondreSupprimermerci , je l'ai matté y a 15 j ce doc sur milius, effectivement en provenance de la WZ., je vous le recommande chaudement. j'ai aussi traduit un doc excellentissime sur savini, qui fait pleurer de joie récement; si certains sont motivés par une petite relecture + partage, sinon je le proposerais à la rentrée sur la WZ. faut que je me motive. ... il es terrible et on apprend plein de trucs ! cheers.
RépondreSupprimerYo Lbz!Tu nous avait proposé un doc exceptionnel il y a quelques temps (avec la trad) sur Al Adamson,donc ton doc sur Savini dorénavant je vais l'attendre^^
SupprimerMerci !!
RépondreSupprimerDes docs comme on les aimes ! Merci.
RépondreSupprimerSuper, merci beaucoup!
RépondreSupprimerBonjour. Ca serait possible d'avoir de nouveaux liens ?
RépondreSupprimerMerci d'avance <3
Bonjour est-ce qu'un ré-up de ce documentaire rare, est possible ? Merci
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