Titre original: L'HAREM / THE HAREM
Réalisation: Marco Ferreri
Scénario: Rafael Azcona, Ugo Moretti, Marco Ferreri
Musique: Ennio Morricone
Pays d'origine: Italie /France
Format: MKV
Taille du fichier: 1,22
Durée: 1,32
Genre: Comédie dramatique
Audio: Français, Italien
Texte: FR UTF-8 (Traduction: Uncle Jack)
Avec: Carroll Baker, Gastone Moschin, Renato Salvatori
Une femme a trois soupirants et tente de se constituer un harem...
Mon ami Tinterora m'a demandé de reposter ce film qu'il a beaucoup
apprécié (moi également) et nous fait le plaisir d'écrire un texte
pertinent sur Carroll Baker et le film. Merci à lui.
Le fichier provient du site Warning Zone.
FILM
SRT
La BO de Ennio Morricone.
CARROLL BAKER
Hommage à une star hollywoodienne à la destinée cinématographique fluctuante.
Première partie: De Hollywood à Marco Ferreri.
Carroll Baker ! Une star du cinéma née en 1930, qui fêtera en mai 2022 sa quatre-vingt onzième année et qui aura connu une carrière faite de cycles ou de courants divers qui furent à la fois flamboyants, aventureux, laborieux
mais qui bénéficie indéniablement d’une touche de reconnaissance. Oubliée du grand public, alors même
qu’elle partage le prestige d’un courant cinématographique parmi les plus côté qui soit dans
l’imaginaire hollywoodien, Carroll Baker incarne, à elle seule, une destinée parmi les plus incroyables.
Née en 1931, Karolina Piekarski était une jeune file de huit ans quand ses parents se séparèrent.
Attirée par le monde, alors magique, du cinéma, Karolina Piekarski se dévoua au monde du spectacle et de
la comédie. Cela la mena, après son lycée, à divers rôles telle qu’assistante de magicien ou encore danseuse professionnelle, de second plan, dans des comédies musicales dans lesquelles elle rêva, alors de percer.
Ce fut finalement « grâce » à l’aide de Louie Ritter, qui lui fut présenté comme un Pygmalion et qui lui aurait permis, grâce à ses contacts, d’accéder à de vrais rôles. Carroll Baker révéla, dans sa biographie, que Louie Ritter la viola. Mais, en dépit de cela, il lui apporta l’aide promise. Elle l’épousa, pour l’honneur, puis divorça assez vite, quelques mois plus tard. Cette épreuve permet de statuer sur la force de volonté de notre actrice, sachant que d’autres épreuves sont à venir.
Mais Carroll Baker accéda à la prestigieuse actor’s studio où elle se lia à l’acteur écorché James Dean. Cela lui permit de s’extraire de son métier de danseuse pour jouer à Brodway mais, surtout, d’accéder à des productions dans des rôles importants et des œuvres non seulement prestigieuses, mais surtout légendaires dont les auras raisonnent encore aujourd’hui encore. Ce furent donc Géant, bien qu’elle manqua le premier rôle féminin, mais surtout Baby doll ou Poupée de chair. Ce film, dont l’aura l’entoure aujourd’hui encore, la consacre définitivement comme star mais, surtout, demeure un film troublé, sulfureux pour une époque normée, pointilleuse où son charme alors juvénile fit d’elle une sensation érotique. Seule, peut-être, Lolita de Kubrick peut se permettre de prétendre à une telle aura transgressive pour cette époque où l’influence rigoriste du code Hays se faisait encore sentir.
Alors consacrée star, au niveau hollywoodien mais également mondial, Carroll Baker signe alors un contrat prestigieux avec le studio Warner. Elle est alors mariée à Jack Garfein, le père de ses deux enfants, survivant
des camps d’internement juifs en Europe. Carroll Baker connaît alors sa meilleure période, bien qu’elle déplore, aujourd’hui encore, le fait que d’excellents rôles lui avaient alors échappé, à cause des conditions strictes
des contrats hollywoodiens, alors la norme à l’époque, où les studios façonnaient alors leurs vedettes dans l’apparence tout en choisissant alors leurs rôles à leur place. Femme quelque peu rebelle, qui annonce quelque peu les revendications d’émancipation de la prochaine génération d’actrices, Carroll Baker est alors consacrée comme sex-symbol dans des films où elle joue l’icône féminine blonde, quelque part entre Maryline Monroe pour
le meilleur (avec laquelle elle aurait pu compéter pour la qualité des rôles, du jeu et du prestige)
ou Jayne Mansfiled (pour l’aura sexuelle). L’acmé de sa période des années 60, à Hollywood,
demeure une participation à un film de John Ford, ainsi que The Carpetbaggers qui fut alors
un succès énorme. Mais un nouveau contrat, pourtant prometteur, distilla alors les germes de
la rupture de Carroll Baker avec Hollywood.
Drivée par son mari Jack Garfein, qui mit sa carrière de côté, pour monter sa compagnie de production avec
des films mettant en valeur son épouse, le contrat avec la Paramount devait installer au firmament Carroll Baker comme star absolue. Le film choisi fut alors Jeanne Harlow qui raconte l’existence éphémère de la plus grande star hollywoodienne des années 30, exploitée alors par sa mère et son beau-père, et qui mourut de manière tragique et prématurée. Le problème vient dans le fait que les attentes commerciales de ce film furent alors fortes et qu’un projet concurrent sortit en même temps, ce qui amoindrit alors le succès de sa production. Prise entre plusieurs feux, celui de son agent, de son mari qui interférait trop dans sa carrière, ainsi que dans l’indécision de
la Paramount, dont ses relations avec son président Joe Levine s’envenimèrent, Carroll Baker se rendit alors
au festival de Venise et découvrit, alors, l’effervescence du cinéma italien alors en plein bouillonnement.
On faisait, alors, en Italie, autant des films d’auteurs que des films commerciaux, où quelques stars hollywoodiennes passées de mode tournèrent en fin de carrière ou, à contrario, lancèrent la leur
(un certain Clint E. Qui est strictement de la même génération que Carroll Baker).
Voulant s’émanciper de son mari, qui misait alors sur elle pour maintenir le train de vie alors élevé du foyer,
du système hollywoodien qui la bridait, Carroll Baker se lança dans l’aventure, celle du film d’auteur, qui devait puiser son passé d’actrice de l’actor studio, et ce fut alors pour Harem, avec un certain Marco Ferreri.
Film pour le moins oublié, un peu à l’instar de son réalisateur qui jouissait pourtant d’une véritable reconnaissance populaire ainsi que médiatique, Harem demeure une œuvre pour le moins incroyable, au sujet quelque peu fou qui pousse néanmoins, jusqu’au paroxysme, une idée pour le moins démente. Margherita est une femme qui est aimée... par quatre hommes en même temps et dont certains la demande en mariage. Mais notre belle reste indécise. Pire, elle convie ces quatre homme à venir la rejoindre dans sa belle propriété de Dubrovnik. Chaque homme épie ses concurrents, essaie de se placer alors que Margherita reste impériale, indécise. Elle détient donc son Harem et fait comme bon lui semble. Devant cette situation pour le moins insolite, eu égard à l’histoire même de l’humanité, nos membres mâles finissent par s’entendre, à nouer une étrange relation de camaraderie, jusqu’à, même régresser,
en agissant bizarrement, pour s’entendre de manière primale jusqu’au final pour le moins...surprenant.
Excellent film d’auteur, jamais ennuyeux, Harem de Marco Ferreri traite, comme chacun de ses films, de l’être
humain en mettant en scène ses limites, ses contradictions, ses frontières primales face à la société moderne. Harem dépouille donc ses personnages masculins de leurs apparats, sociaux, civilisés jusqu’à les faire régresser à une fonction primitive, en le dépouillant des conditionnements de notre société pour en révéler la nature profonde, voire même primaire. Là est tout le sens, assez sublime, la contradiction de la société et de la nature véritable de l’homme, du cinéma de Marco Ferreri, qui réitéra d’ailleurs, quelque part, la même formule dans La grande bouffe, qui rencontra, pour sa part, un franc succès, doublé d’un véritable scandale. Ce ne fut, hélas, pas le cas de L’Harem qui débouta le spectateur, dans cette étude quasi anthropologique de l’homme civilisé à travers ce conte sinueux, et même vénéneux, baignant dans une splendide photographie ainsi qu’une musique hypnotique d’Ennio Morricone. Ce splendide score honore, encore une fois, le talent de ce si grand musicien, dont les musiques de Léone dissimulent trop souvent, hélas, le fantastique legs qu’il nous a laissé. Et L’Harem, le film comme la musique, constituent, précisément, des joyaux méconnus.
Découvrez donc ce formidable film à l’ambiance si particulière, ainsi que excellente musique d’Ennio Morricone grâce à la traduction d’Uncle Jack, pour le moins particulièrement inspiré dans cette sélection
de cette traduction.
Merci beaucoup, Uncle Jack, pour ce film avec Carrol Baker et Michel Le Royer. Une bien agréable découverte en perspective
RépondreSupprimerMerci beaucoup pour les commentaires Tinterora.
RépondreSupprimerJ'avais bien aimé la Grande Bouffe avec son côté malaisant et remettant en question le paradigme social. Merci évidemment à Uncle Jack et aux collègues de la Warning Zone
Merci
RépondreSupprimerMerci pour le texte fabuleux, je me rappelle du partage wz. Et je le reprends car pas vu, très motivant, bravo à tous !
RépondreSupprimerJe l'ai découvert il y a 3 jours, avec l'excellente traduction d'U.J, et ce Ferreri méconnu (je ne suis même pas sûr qu'il soit présenté à la Cinémathèque Française lors de la rétrospective qui lui sera consacré le mois prochain) est particulièrement hallucinant et totalement ferrerien.
RépondreSupprimerMerci à Tinterora pour son texte éclairant et chaleureux sur une actrice que je connais assez peu (Les Cheyennes, Le couteau de glace).
Avec une entrée en matière pareille comme celle d’en haut, impossible de résister à la curiosité de visionner ce film et d’y voir jouer la magnifique Carroll Baker. Une autre belle occasion de me gâter ! Merci !
RépondreSupprimerMerci..Uncle jack un grand talent de traducteur au profit d’œuvres rares, qui étonne et surprend les amateurs du genre et les cinéphiles par ses choix eclectiques..
RépondreSupprimerBONJOUR merci de reuploader le film le harem svp !
RépondreSupprimerBjr cher Uncle, possible de refaire un réup pour ce film, merci d'avance.
RépondreSupprimerBonjour et merci pour le film pourriez-vous faire un reup svp ? Merci d’avance
RépondreSupprimerNouveaux liens !
SupprimerMerci 😉
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