LA CROISIÈRE DE LA JOUISSANCE /
SEXBOAT (VF/VOST)
États-Unis / 1980
Réalisation : Svetlana & David I. Frazer
Scénario : David I. Frazer
Production : David I. Frazer, Svetlana Mischoff
Photographie : João Fernandes
Musique : Ivan Claude Leweles
Avec : Cody Nicole, Kandy Barbour, Nicole Black, Camilla Franklin, Turk Lyon, Randy West, Little Oral Annie, Kelly Nichols...
Après deux premiers films réussis ("800 Fantasy Lane" et "Ultra Flesh"), la réalisatrice scandinave Svetlana, associée à son compagnon de l’époque (David Frazier), poursuit une carrière sous le signe de la qualité avec "Sex Boat" (la même année, "F" sera également une très bonne surprise). "Sex Boat" est évidemment, de par son résumé, une parodie du "Certains l’aiment chaud" de Billy Wilder, ainsi que de la série télé "The Love Boat" ("La croisière s’amuse"). Pas de capitaine Stubing ici, ni de Gopher ou d’Isaac, mais un équipage féminin de charme, composé de Cody Nicole, Camilla Franklin ("Amanda by Night") ou encore Nicole Noir ("Wet Dreams), sans oublier la sublime Kandi Barbour ("F") dans le rôle du commissaire de bord, ni Svetlana elle-même (qui n’a pas de scènes de sexe). A bord du paquebot se trouvent des passagères qui sont censées passer des vacances entre femmes, mais qui finalement seront pour la plupart très heureuses de voir qu’un duo masculin s’est glissé de façon clandestine dans cette croisière de luxe. Un duo constitué de l’expérimenté Turk Lyon, qui débuta dès le milieu des seventies dans le porno (il jouait un sataniste dans "Hardgore", et on le verra plus tard dans "Femmes de Sade" et "Little Girls Blue"), et du futur stakhanoviste du hard (comme acteur, puis comme réalisateur) Randy West. Comme pour "Ultra Flesh", Svetlana a réuni une flopée d’actrices, pour la plupart inconnues, mais toutes fort jolies, et lorsque quantité rime avec qualité, le spectateur ne peut qu’être ravi. Enfin, pas autant que nos deux travestis, qui vont devoir poser la jupe en maintes occasions afin de satisfaire toutes ces demoiselles pour qui vacances ne rime pas avec abstinence. Si l’équipage est bien "carrossé", que dire des passagères, parmi lesquelles on reconnaîtra Kelly Nichols (à l’origine responsable des maquillages, et qui débuta dans le cinéma dans un classique du film d’horreur : "La foreuse sanglante"), de même que Little Oral Annie ("39°5 le soir").
Dans sa structure, "Sex Boat" est divisé en deux parties. Le film débute curieusement par un long teaser n’ayant aucun rapport avec la suite. Dans ce teaser, qui fait presque office de court-métrage indépendant, on suit les déboires d’une jeune femme adultère, Sharon, (la charmante Loni Sanders) qui, en rentrant chez elle, a la surprise de voir dans le salon son mari, Mark, (Kevin James) en compagnie de son amant (joué par Mike Ranger, vu dans "Insatiable"). Afin de l’humilier, le mari oblige sa femme à faire l’amour avec son amant, sous ses yeux. Puis, il chasse son rival, emmène Sharon dans le jardin, l’attache à un arbre, et la force à le regarder forniquer avec deux ravissantes copines qu’il a ramenées à la maison. Le lien avec le thème central de "Sex Boat" arrive enfin, lorsque Mark annonce à Sharon qu’elle va faire une croisière où elle ne verra pas un homme pendant six semaines (enfin, il y a pire comme punition). A la fin du film, on reverra brièvement le couple, Sharon déclarant s’être ennuyée durant toute la croisière, dissimulant un sourire moqueur. Il est possible que Svetlana ait rajouté la scène du début en voyant que le film durait à peine une heure (d’ailleurs, Loni Sanders n’apparaît pas durant toute la croisière, ce qui tend à confirmer cette hypothèse).Par rapport à sa première oeuvre ("800 Fantasy Lane"), on retrouve dans "Sex Boat" le duo masculin complice, omniprésent durant tout le film, se tapant la majorité du casting féminin, pourtant conséquent. Après la scène du jacuzzi qui voyait Jamie Gillis en compagnie de cinq superbes créatures dans "800 Fantasy Lane", c’est au tour de Turk Lyon d’avoir une scène similaire. Par contre, au niveau des dialogues, "Sex Boat" s’avère beaucoup moins truculent, surtout lorsque Randy West s’exprime lors de ses ébats. Les textes restent au niveau des pâquerettes, mais rien d’étonnant, la suite de la carrière de l’acteur démontrera que celui-ci n’avait pas la classe de ses compatriotes Jamie Gillis, John Leslie ou encore Eric Edwards.
Malgré cela, "Sex Boat" demeure un film X sympathique, réalisé avec
talent (Svetlana était effectivement une grande professionnelle), et
doté d’une bonne dose d’humour. On notera cette réplique de Turk Lyon,
déguisé en femme, et dont la perruque est arrachée par une passagère.
Démasqué, il se contentera de dire : "Well, nobody’s perfect" (Joe E.
Brown s’en est-il retourné dans sa tombe ?). La réalisatrice se permet
aussi de basculer par moments dans un esprit "cartoon", avec une bulle
de bande dessinée s’immisçant sur la pellicule, et surtout avec, dans le
dernier quart d’heure, l’arrivée de pirates vêtus à l’ancienne (dont un
ressemblant au Capitaine Crochet), venus faire main basse sur la
fortune des passagères, sans oublier de leur faire subir les derniers
outrages. Pas très moral (l’image de la femme nymphomane heureuse d’être
prise par le premier inconnu reste un cliché qu’une femme réalisatrice
aurait pu éviter), mais cette incursion pour le moins anachronique a au
moins le mérite d’être surprenante et amusante.
Le film est sorti
dans les salles françaises en 1981, sous le titre "Instruments du
plaisir". Un an plus tard, environ, il sera distribué en vidéo,
rebaptisé en cette occasion "La croisière de la jouissance". Bien qu’un
ton en dessous de ses autres oeuvres de début de carrière, "Sex Boat" de
Svetlana n’en est pas moins un film particulièrement soigné, auquel il
manque juste un petit grain de folie par rapport à "800 Fantasy Lane" et "F",
par exemple, des dialogues percutants et de la variété dans les scènes
hard. Mais que les actrices sont belles, encore une fois !
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Quel plaisir d'être en week-end et de le commencer ainsi... un grand merci pour ce beau partage
RépondreSupprimerUn beau film qui donne envie de partir en croisière.
RépondreSupprimerÇa n'a pas la qualité de 800 Fantasy Lane mais on se laisse emporté par les flots ! Merci et vivement un retour rapide de Le samedi c'est permis !
RépondreSupprimerMerci !
RépondreSupprimerSuper la traduction. Elle va m'aider a mieux comprendre le film.
RépondreSupprimermerci beaucoup
RépondreSupprimerLe lundi c'est ravioli... et le samedi c'est pornographie ! :-)
RépondreSupprimerFink iou véri muche
merci !
RépondreSupprimerMerci beaucoup !
RépondreSupprimerMoi qui voulais partir en croisière, je pourrai rayer cet élément de ma liste ! Les sous-titres dans les images de la présentation donnent toutes la teneur intellectuelle de cette croisière... J'adore ! J'ai bien hâte de voir ces petites minettes se faire flatter et entendre leur miaulement. Larguer les amarres matelots !
RépondreSupprimerMerci pour cette séance de rattrapage très chaude
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