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lundi 2 décembre 2024

NOUS ÉTIONS UN SEUL HOMME (Philippe Vallois, 1979)



France / 1979
Réalisation : Philippe Vallois
Scénario : Philippe Vallois
Dialogue : Anne Roumeguère et Rolf Schultz
Photographie : François About
Montage : Philippe Vallois
Musique : Jean-Jacques Ruhlmann
Avec : Serge Avédikian, Piotr Stanislas, Catherine Albin, Lucien Guérin...

 





 

"En 1943, en Lot-et-Garonne, Guy, un jeune forestier, recueille et cache dans sa ferme un soldat allemand blessé : Rolf. N'ayant pas connu ses parents, Guy se prend d'une profonde affection pour son visiteur, et l'empêche une fois guéri de rejoindre son armée. Rolf se surprend à rester, sans réaliser tout d'abord qu'il tombe fou amoureux de son ami. Les deux êtres se rapprochent, au cours de confidences, de chahuts, de beuveries, et sous le regard complice de la fiancée de Guy. Au cœur de la forêt, ces deux hommes suivent un parcours de doutes, d'angoisses et de violence avant de donner enfin libre cours à leur passion..."




 
Le 6 août 1942, le Maréchal Pétain signe un texte de loi portant la majorité sexuelle à 15 ans pour les actes hétérosexuels et à 21 pour les actes homosexuels. L’homosexualité ainsi criminalisée sera ensuite qualifiée de « fléau social » par un amendement du député gaulliste Paul Mirguet en 1960. Il faudra attendre la loi socialiste du 4 août 1982 pour que cesse cette discrimination. Quarante ans pour que l’on en revienne à l’égard de toute forme de sexualité à la situation d’indifférence légale qui avait prévalu en France de 1791 à 1942 !

L’intrigue de Nous étions un seul homme se situe en 1943 et le film sort en 1979 : curieuse coïncidence ? Surtout pas, car Philippe Vallois n’écoute que sa sensibilité de cinéaste, consciemment et inconsciemment pionnière, pour entrer dans le courant de la résistance artistique des années 70 en France, et préparer à sa manière l’avènement du droit libre d’aimer. Avec sa caméra, il dit déjà aux violents de toute chapelle politique ou religieuse : « Notre amour est plus fort que votre haine ! »

Son film rompt avec les deux écueils sur lesquels vient buter l’homosexualité : haine de soi, haine de l’autre. Chez Vallois, le désir de l’autre conduit à l’amour de soi et à une passion totale. Tout s’ouvre devant sa caméra soleil : les esprits, les cœurs, les corps. À travers des étapes de grande illusion et de tendre violence, deux hommes que tout oppose n’en feront qu’un ! Et quelle sauvage sobriété de style ! (erosonyx)

Frémissant, poétique, tendre, lumineux et terrible, Nous étions un seul homme est aussi, au-delà de maladresses dues à des moyens dérisoires, incroyablement attachant.
C'est aussi l'occasion de (re)voir Piotr Stanislas (pour les connaisseurs..)
autrement...
(dédicace spéciale à mes ch'ti gay préférés!)


...

 
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6 commentaires:

  1. Bonjour ,
    Philippe Vallois , girondin et donc frontalier du Lot-et-Garonne (où je suis né) a t'il choisi ce département par hasard ou s'est-il inspiré de on-dit ou d'une histoire connue ? Je ne connais pas Philippe Vallois (je viens juste de regarder un peu sa page wikipedia qui ne dit pas grand chose , on comprend tout de même en se rapportant aux titres de ses films que l'homosexualité est un sujet majeur de son oeuvre) . J'espère trouver plus de renseignements sur ce film et , peut-être , l'origine de cette histoire (si elle en a une autre que celle de l'imagination du réalisateur qui est aussi le scénariste) .
    J'avoue que ce n'est pas le genre de film que je regarde en général mais je me suis édicté une règle , c'est de ne jamais préjuger un film ou pire , le juger sans même l'avoir vu .
    Merci Locostone pour le partage de ce film et merci Ciné-Bis-Art .

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  2. Bravo Loco.
    Vive le Cinéma !
    Lbz

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  3. Le lien est expiré :(

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