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vendredi 21 septembre 2012

DRILLER KILLER (1979) - Abel Ferrara

Titre : Driller Killer
Titre original : The Driller Killer
Réalisation : Abel Ferrara
Scénario : Nicholas St. John
Production : D.A. Metrov et Rochelle Weisberg
Budget : 20 000 dollars (15 000 euros)
Musique : Joe Delia
Photographie : Ken Kelsch et James Lemmo
Montage : Bonnie Constant, Michael Constant, Abel Ferrara et Orlando Gallini
Pays d'origine : États-Unis
Format : dvdrip
Taille du fichier : 994 Mo
Version : VF
Genre : Horreur, thriller
Durée : 96 minutes
Date de sortie : 15 juin 1979 (États-Unis)
Avec : Abel Ferrara, Carolyn Marz, Baybi Day, Harry Schultz, Richard Howorth




Reno, artiste peintre new-yorkais dans le besoin, accumule les dettes.La vie urbaine et l'obligation de se battre au jour le jour pour survivre, lui deviennent insupportable. De plus, les conflits se multiplient envers ceux qui l'entourent. Dès lors, tout va dégénérer et sa raison basculer.
Armé d'une perçeuse électrique, il va provoquer un véritable carnage...





Abel Ferrara et Nicholas St. John, qui se connaissent depuis tout jeunes, écrivent ensemble deux courts métrages (Nicky’s Film et The Hold-Up) et un long métrage érotique (9 Lives of a Wet Pussy) déjà en 35mm. Mais Driller Killer est leur premier film professionnel qui marque le point de départ de quinze années de collaboration fructueuse qui donneront quelque uns des grands chefs-d’œuvre du cinéma des années 80 et 90 : L’Ange de la vengeance, The King of New York, China Girl, Nos Funérailles... Lorsque leur collaboration s’arrête avec ce dernier film en 1996, Ferrara glisse sur la pente savonneuse de l’auteurisme insupportable tandis que Nicholas St. John disparaît tout simplement de la circulation. Film professionnel, mais film fauché : Driller Killer sent le bricolage, la débrouille ; et la présence de Ferrara devant la caméra, dans le rôle d’un peintre qui devient serial killer, ne s’explique que par l’impossibilité d’embaucher un acteur pour le tournage. Driller Killer suit les hallucinations morbides de Reno Miller, un peintre underground qui décide un jour de faire de l’art avec sa perceuse et les SDF du quartier. Le rouge de ses toiles cède la place au sang de ses victimes, tandis que son esprit est envahi d’images morbides qu’il ne parvient plus à contrôler. D’abord par réaction à l’agressivité du monde extérieur, il violente ses toiles puis, poussé à bout, déchaîne une haine devenue incontrôlable sur son entourage.

Si le film réserve quelques moments de violence graphique, c’est le regard et la mise en scène de Ferrara qui rend le film constamment dérangeant et sordide. L’usage de sons stridents, les couleurs éclatantes, la façon dont le sang éclabousse des fonds unis... Ferrara se positionne comme un peintre qui réaliserait une performance artistique sur pellicule 16mm. Si visuellement le film rappelle (en mineur) le travail d’un Dario Argento, le sordide de l’ensemble le rapproche aussi du Texas Chainsaw Massacre de Tobe Hooper, et l’on imagine le film parcourir le circuit des salles pornos les plus glauques du Bronx. C’est moite, nauséabond, profondément dérangeant. Nicholas St. John y opère déjà la greffe entre ses obsessions (la religion, la drogue, la dépendance) et le thriller, tandis que Ferrara filme les ruelles crasseuses de New York avec un regard qui annonce ses futures réalisations. Tout Ferrara / St. John est donc là, à l’état d’ébauche, de brouillon. Si Driller Killer est loin d’être un chef-d’œuvre (il ne tient pas ses promesses tout du long), c’est un film que tout amateur de Ferrara se doit de découvrir.
Olivier Bitoun (tvclassik.com)



Driller Killer (1979) par scootaway















 

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