Pages

jeudi 2 avril 2020

LES LÈVRES ROUGES (Harry Kümel, 1971) VF/VAnglaiseST + B.O.

 
mHD [1080p]


Belgique / France / Allemagne / 1971
Titre : Les Lèvres rouges
Titre international : Daughters of Darkness 
Réalisation : Harry Kümel 
Scénario : Pierre Drouot, Jean Ferry et Harry Kümel, avec Jo Amiel 
Production : Paul Collet, Henry Lange et Luggi Waldleitner 
Musique : François de Roubaix 
Photographie : Eduard van der Enden 
Montage : Harry Kümel, August Verschueren
Avec : Delphine Seyrig, John Karlen, Danielle Ouimet, Andrea Rau, Paul Esser, Georges Jamin, Joris Collet, Fons Rademakers...


https://www.imdb.com/title/tt0067690/





  

"Valérie et Stefan, immobilisés à Ostende, séjournent dans un vaste hôtel désert en cette morte-saison. Le couple fait alors la connaissance de l'inquiétante comtesse Bathory et de sa protégée Ilona, ténébreuses créatures de la nuit. Elles envoûtent d’abord le jeune homme, fasciné par des meurtres mystérieux perpétrés dans la région, puis Valérie, intriguée par l’étrange relation qui unit les deux femmes…"





Ayant œuvré essentiellement pour la télévision flamande, le réalisateur belge Harry Kümel est peu connu en France, d'autant plus qu'il n'est l'auteur que d'une petite poignée de films pour le cinéma et que la plupart sont restés inédits chez nous ! Ne nous restent que LES LEVRES ROUGES et l'excellent et baroque MALPERTUIS (1974) d'après le roman fantastique du Belge Jean Ray pour évaluer son talent de cinéaste. Le film qui nous intéresse développe le thème plutôt à la mode à l'époque de la femme-vampire, thème que l'on retrouve au cœur d'œuvres aussi variées que différentes dans son approche: LA VAMPIRE NUE (Jean Rollin, 1970), VAMPYROS LESBOS (Jess Franco, 1970) ou VAMPIRE LOVERS (Roy Ward Baker, 1971). La présence au générique du film de Harry Kümel d'une des égéries de la Nouvelle Vague, Delphine Seyrig, peut paraître surprenante dans une œuvre revendiquant son appartenance au genre fantastique et traitant de vampirisme et de saphisme...Il faut préciser que l'actrice française était alors connue pour ses rôles dans des films d'auteurs, notamment ceux de son compagnon d'alors, Alain Resnais (L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD, 1961). C'est d'ailleurs ce dernier, très épris de culture populaire, qui a poussé Delphine Seyrig à accepter le rôle principal et plutôt sulfureux d'une Comtesse vampire...


Stephan et Valérie, un jeune couple en lune de miel, font escale en Belgique avant de rejoindre l'Angleterre. Dans l'hôtel d' Ostende où ils séjournent, ils font la connaissance des deux seuls autres clients des lieux : la très belle Comtesse Bathory et sa séduisante secrétaire Ilona. Fait étrange : le maître d'hôtel est persuadé de reconnaître la Comtesse qu'il aurait vue il y a quarante ans mais qui n'aurait pas vieilli depuis ! En balade à Bruges, Stephan et Valérie tombent par hasard sur un attroupement : le cadavre exsangue d'une jeune fille vient d'être découvert et le couple apprend alors qu'il s'agit de la troisième victime d'un « tueur-vampire ». La mystérieuse Comtesse qui semble progressivement envoûter Stephan aurait-elle un lien avec ces sinistres meurtres ? C'est ce que semble penser un détective bien décidé à ne plus lâcher la jeune femme d'une semelle...




LES LEVRES ROUGES s'ouvre sur une séquence nous permettant d'entrer directe ment dans l'intimité du couple Stephan/Valérie par le biais d'une scène d'amour plutôt explicite avant de les suivre dans le grand hôtel désert de style 1900 où ils ont décidé de passer quelques nuits. Ce prologue à la fois réaliste et banal est interrompu de façon abrupte par « l'entrée en scène » de la Comtesse, filmée comme une apparition quasi-fantastique, voilée et vêtue de noir. Le patronyme de cette dernière (Elisabeth Bathory) fait bien sûr référence à la « Comtesse sanglante », figure à la fois historique et mythologique du vampirisme féminin. Cette entrée dans le fantastique se fait également par les évidentes références au court roman de Sheridan Le Fanu, « Carmilla », dont l'héroïne éponyme est assez proche du personnage interprété par Delphine Seyrig et dont le thème principal (le vampirisme saphique) parcourt LES LEVRES ROUGES. Mais plus qu'à une relecture de l'œuvre matricielle de l'écrivain irlandais (qui puise elle-même sa source dans le personnage de Bathory et fut adaptée de nombreuses fois au cinéma), le réalisateur Harry Kümel s'intéresse à la création d'une ambiance onirique où l'étrange et le surréel préval ent sur toute considération d'ordre narratif et logique. L'espace diégétique du film est à ce titre emblématique avec cette succession de lieux déserts (l'immense hôtel bien sûr mais aussi ses alentours : plage, gare...où les protagonistes ne croisent jamais âme qui vive) propices à évoquer un microcosme issu d'un rêve...La dimension anachronique du film, qui se déroule au début des années 70 mais qui a pour décor principal un Hôtel « Art Nouveau » et comme héroïne une Comtesse-femme fatale calquée sur le modèle des actrices des années 20-30, accentue ce sentiment que LES LEVRES ROUGES peut se lire comme une sorte de rêverie filmée...Petit à petit, le couple Stephan/Valérie se laissera séduire puis capturer par l'atmosphère à la fois mystérieuse et érotique que la Comtesse et sa maîtresse déploient autour d'eux. Progressivement, ils seront intégrés dans l'espace-temps irréel de l'aristocrate-vampire, espace dans lequel Stephan révèlera ses penchants sadiques et Valérie son attirance pour le saphisme. Le cinéphile déviant guettera (en vain !) une scène (ou même un plan !) lui dévoilant les charmes naturels de Delphine Seyrig et devra se contenter d'une séquence de baiser entre elle et l'actrice québécoise Danielle Ouimet (Valérie) qui s'était fait connaître peu avant dans des comédies érotiques à succès (TENDRE ET SENSUELLE VALERIE de Denis Héroux, 1969). 

Le même cinéphile déviant regrettera un peu la quasi-absence de sang dans ce long-métrage qui préfère jouer plus subtilement sur la symbolique du rouge, couleur dominante du film que l'on retrouve dans les très réussis fondus au rouge ponctuant certaines scènes-clés. L'utilisation esthétique de la couleur, les poses souvent hiératiques des protagonistes, la vision sublimée de la Femme et la dimension onirique et intemporelle du récit font de LES LEVRES ROUGES une œuvre sous influence picturale (on pense au peintre symboliste Fernand Khnopff ou au surréaliste sentimental Paul Delvaux, tous deux Belges) et en tout cas fort éloignée des stéréotypes du film de vampires. Délaissant les effets et l'imagerie traditionnellement rattachés au genre, LES LEVRES ROUGES parvient à passionner en faisant du mystère et de la mélancolie les deux sentiments saillants de sa narration et de son dispositif visuel. Un film précieux.
http://www.sueursfroides.fr/critique/les-levres-rouges-2036





...








ET LA BANDE ORIGINALE
DE FRANÇOIS DE ROUBAIX (@320)
1. Daughters Of Darkness Opening (1:09)
2. Amour Sur Les Rails (1:41)
3. Les Lèvres Rouges (3:08)
4. Arrivée Au Manoir (1:46)
5. La Comtesse Bathory (Halo) (0:51)
6. Ballade à Bruges (2:09)
7. La Comtesse Et L’inspecteur (1:38)
8. Le Récit Des Tortures Et Des Vampires (1:16)
9. Valérie, Ilona Et Stefaan (1:19)
10. Les Dunes d’Ostende (2:17)
11. Le Baiser De La Comtesse (1:45)
12. La Morsure De La Comtesse (2:13)
13. L’Orgue Et Le Piano Fantômes (3:15)
14. Poursuite Sur Les Dunes d’Ostende (3:05)
15. Accident Et Cymbalum (2:54)
16. Daughters Of Darkness Ending (1:18)
17. La Fanfare De Bruges (1:34)
18. Dracula à Woodstock (Des Poissons Et Des Hommes) (1:08)
19. La Nuit Sous La Mer (3:45)
20. Ilona’s Jazz (3:05)
21. Le Rap Des Lèvres Rouges (2:55)
22. Vampire (3:58)


ou



25 commentaires:

  1. Merci pour ce partage ,pour le taf ,et pour cette formidable présentation.

    RépondreSupprimer
  2. Merci pour cette occasion de combler un vide dans ma cinéphilie !

    RépondreSupprimer
  3. J'aime beaucoup ce film, belle occasion de le revoir, merci.

    RépondreSupprimer
  4. Merci pour cette superbe version de ces lèvres,voilà qui me redonne de l'energie (François De Roubaix à la b.o,un genie ce mec,mort trop jeune..Comme tant d'autres)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. (La b.o peut etre si Master Jack passe par là?Perso pour celle ci je n'ai rien^^)

      Supprimer
    2. La B.O. demain si ça vous va... ;-)

      Supprimer
    3. Bah.. la B.O. dispo...
      https://uptobox.com/s7prcufsm81l
      https://multiup.org/download/93b89e3c1bd9cec666a8ad1016cb28e1/roubaix_rouge.rar
      ;-)

      Supprimer
  5. Un peu de sensualité par les temps qui courent ne peut que nous faire du bien, car on entend qu’une chose sur toutes les lèvres en ce moment… Corona… cor… ! Un immense merci !

    RépondreSupprimer
  6. merci beaucoup pour cette belle version HD ! à noter un film homonyme qui a été exploité également sous ce titre ; le fameux José Ramón Larraz. : Vampyres (1974). R | 1h 27min ... Vampyres. Symptoms. Los ritos sexuales del diablo. Daughters of Darkness.
    cheers.

    RépondreSupprimer
  7. Merci pour ce film qui ma l'air bien synpathique

    RépondreSupprimer
  8. Merci pour cette bonne surprise nous attendions de voir ce film depuis assez longtemps.

    RépondreSupprimer
  9. Bjr, j'arrive par hasard sur le site..je ne connais pas ce film..mais je vois qu'il y a Virdaucalis comme admin, alors je prends, question de mettre le pied dedans..
    A bientôt et merci pour cette découverte..

    RépondreSupprimer
  10. Ce film instaure un étrange parfum envoutant et vénéneux, à l'image de sa musique de François de Roubaix ... merci beaucoup de le proposer !!!

    RépondreSupprimer
  11. Merci beaucoup pour la découverte.

    RépondreSupprimer
  12. bonjour vous pouvez mettre le fichier pour le film LES LÈVRES ROUGES (Harry Kümel, 1971) VF/VAnglaiseST + B.O merci

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est tout ? T'en as d'autres comme ça ?
      100 balles et un Mars, peut-être ?

      Supprimer

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...