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lundi 25 mai 2020

AFTER HOURS (Martin Scorsese, 1985) Le repack mHD [1080p] VF/VOST + B.O.

Repack mHD [1080p]

États-Unis / 1985
Titre français complet : After Hours : Quelle nuit de galère

Titre original : After Hours

Titre provisoire : A Night in SoHo
Réalisation : Martin Scorsese

Scénario : Joseph Minion

Musique : Howard Shore

Photographie : Michael Ballhaus
Montage : Thelma Schoonmaker

Avec : Griffin Dunne, Rosanna Arquette, Verna Bloom, Tommy Chong, Linda Fiorentino, Teri Garr, Cheech Marin, Catherine O'Hara, John Heard, Dick Miller, Will Patton, Victor Argo, Larry Block, Murray Moston, Bronson Pinchot, Robert Plunket...



https://www.imdb.com/title/tt0088680/

 


 

"Dans un bar new yorkais, un soir. Le modeste programmeur Paul Hackett fait la connaissance de Marcy. Elle lui laisse le numéro de téléphone de son amie et hébergeuse Kiki, sculpteure qui vend des presses-papiers. Ce n’est pas tant pour acheter que pour revoir Marcy que Paul appelle un peu plus tard dans la nuit. La jeune femme l’invite chez Kiki, dans le Soho. Ce qui devait être une nuit de plaisir va très vite se transformer en cauchemar..."

 






 ...


Cela faisait dix ans que Scorsese ne s’était plus passé des services de Robert De Niro lorsqu’il s’intéressa à After Hours, œuvre d’abord confiée à Tim Burton que celui-ci abandonna bien volontiers lorsque le réalisateur de Raging Bull fit part de son désir de la mettre en scène. Pas de De Niro, donc, et une ambition moindre que pour ses films précédents, le budget de 4 500 000 dollars étant sensiblement inférieur, par exemple, à celui de son film précédent, La Valse des pantins

Sans être à proprement parler “underground” (difficile que ce le soit avec un réalisateur aussi reconnu), After Hours a pourtant vraiment tout du film confidentiel, et pas uniquement parce que son casting ne possède pas de stars (à part peut-être Rosanna Arquette). Minimaliste et sans effets spéciaux, sans violence, il se déroule dans un New York nocturne d’apparence très calme, et il tourne autour d’un seul personnage aux allures d’américain moyen et quelconque, celui de Griffin Dunne. 

Tous les autres personnages ne sont au mieux que des satellites lui tournant autour, mais des satellites particulièrement agaçants, qui vont peu à peu faire tomber la façade tranquille de cette nuit new-yorkaise pluvieuse pour plonger Paul Hackett dans un désespoir de plus en plus marqué. Toute cette tourmente n’est pourtant conçue que de petites anecdotes quotidiennes : un billet de banque qui s’envole par la fenêtre d’un taxi, le rendez-vous chez une aventure d’un soir, l’augmentation du prix du ticket de métro, une caisse-enregistreuse qui refuse de s’ouvrir, une serveuse un peu trop collante… 

afterhours3Mis bout à bout, tous ces petits pépins insignifiants a priori indignes de figurer dans un film forment un cauchemar dans lequel Paul s’enfonce inexorablement sans apercevoir la moindre porte de sortie. Au lieu de se résoudre comme ils auraient dû le faire dans un monde logique, les menus problèmes ne font que s’accroître. Tout se ligue contre Paul, et sa nuit semble ne jamais finir. Le but final, c’est à dire tout simplement parvenir à rentrer chez lui (c’est dire si le film semble au départ dépourvu de toute ambition), s’éloigne au fur et à mesure de ses pérégrinations ubuesques. Paul doit à chaque fois accomplir une action banale, qui immanquablement se mue en nouvelle source d’embrouille jusqu’à ce qu’il comprenne que quoi qu’il fasse il ne parviendra pas à fuir le quartier. 

afterhours4Fuyant une Marcy un peu trop déséquilibrée, il part prendre le métro. N’ayant pas assez de sous du fait de la hausse du prix du ticket, il trouve refuge dans un bar où Tom, le sympathique tenancier (John Heard) propose de lui prêter de l’argent. N’arrivant pas à ouvrir sa caisse, Tom prête les clefs de son appartement à Paul pour qu’il lui ramène les clefs qui solutionneront le problème. En chemin, le programmeur croit assister au cambriolage d’une sculpture de Kiki, et bonne poire il court prévenir celle-ci, pour finalement découvrir que Marcy s’est suicidée. De retour au bar de Tom, il trouve les grilles fermées et doit attendre la réouverture chez une serveuse coincée dans les années 60 qui ne le lâchera plus… C’est l’escalade des embrouilles, d’autant plus irritante qu’elle repose sur des babioles.


afterhours5A l’aide d’une mise en scène calculée (récompensée à Cannes), d’une photographie soignée, d’acteurs extrêmement bien dirigés (Griffin Dunne est prodigieux) et d’une musique doucement ironique, Scorsese construit ce qu’il faut bien admettre être une comédie surréaliste et kafkaïenne (du reste un des dialogues reprend textuellement du Kafka) où tous les évènements finissent par se lier les uns aux autres à la manière d’un complot. Paul se sent aliéné par tout ce qu’il vit, il est seul dans un monde absurde où les gens sont abscons et où les propos qu’ils tiennent sont coupés de son monde à lui, celui de la rationalité. After Hours est une galerie de personnages stupéfiants, allant de la lunatique Marcy racontant que son ancien mari jouissait en pensant au Magicien d’Oz à cette mégère s’amusant à déconcentrer Paul pendant qu’il compose un numéro de téléphone, en passant par Kiki la sculpteuse avant-gardiste impudique ou encore ce videur de discothèque qui refuse de faire entrer Paul parce qu’il n’est pas coiffé d’une crête iroquoise. Le pire dans tout cela étant que rien ne sort vraiment des limites du naturel. Tout reste potentiellement possible, même si la malchance de Paul est hors de proportion, et tout coule de source. Même un final qui avec un peu de recul apparaît insensé. 

afterhours6Le spectateur est vraiment pris dans le torrent des évènements, et de fait, l’humour s’accompagne d’un certain sentiment de malaise. Se déroulant dans la nuit new yorkaise, After Hours est un cauchemar enfiévré avec lequel Scorsese parle une nouvelle fois de la ville qui lui est chère. Il reconnait l’étrangeté de New York, qui s’étend jusqu’aux quartiers chics, mais il ne l’affectionne que davantage. Pour lui, c’est une ville où tout peut arriver. Le portrait qu’il en dresse ici est celui d’une cité détachée des réalités : chaque étape de la nuit de Paul est un nouveau monde qui trouve sa place dans une galaxie parallèle à celle que nous connaissons. Les rues sont l’espace, les bâtiments sont les planètes qui restent à découvrir. Le personnage principal est en quelque sorte sur une autre planète, version déformée de la Terre régie par un destin, un hasard ou un dieu facétieux qui s’acharne sur lui, l’intrus. Par identification, le spectateur est aussi amené à penser que rien n’est vraiment insignifiant, et les détails qui pourrissent la vie de Paul Hackett pourraient être des exemples de la fameuse question posée par les adeptes de la théorie du chaos : “le battement d’ailes d’un papillon au Brésil provoque-t-il une tornade au Texas ?“, bien entendu replacée dans le microcosme du New York nocturne.


Petit chef d’œuvre d’écriture et d’imagination, After Hours gagnerait à être plus connu au sein d’une filmographie scorsesienne où certes la concurrence est rude, mais où ce style d’humour new yorkais kafkaien (un peu similaire à du Woody Allen, finalement) aurait amplement de quoi rivaliser avec les films policiers. Hélas le réalisateur abandonna très vite le filon comique, et avec lui cette fausse légèreté qui poussa le public et la critique à bouder After Hours. Quoi qu’en un sens, ce côté “OVNI” lui convient parfaitement…
https://tortillapolis.com/critique-film-after-hours-martin-scorsese-1985/


 

MES CAPTURES













LA BANDE ORIGINALE
(NON OFFICIELLE, @320)
1. The Academy of Ancient Music and Jaap Schroder – Symphony D Major Allegro (2:14)
2. Howard Shore – 9 PM (3:18)
3. Manitas De Plata – Sevillanas (1:59)
4. Howard Shore – Midnight (2:45)
5. Robert & Johnny – You’re Mine (2:41)
6. Robert & Johnny – We Belong Together (2:49)
7. Rosie & The Originals – Angel Baby (2:48)
8. The Monkees – Last Train To Clarksville (2:48)
9. Joni Mitchell – Chelsea Morning (2:35)
10. Joni Mitchell – I Don’t Know Where I Stand (3:14)
11. Johnnie & Joe – Over The Mountain, Cross The Sea (2:18)
12. The Danleers – One Summer Night (2:14)
13. Bad Brains – Pay To Cum (1:27)
14. Howard Shore – 3 AM (3:15)
15. Peggy Lee – Is That All There Is? (4:21)
16. Howard Shore – 6 AM (2:31)


https://uptobox.com/yip0g8tws06w
ou
https://multiup.org/download/da459687d0f0bef89e47ab5f4ea45b2b/hours.rar

 

17 commentaires:

  1. Un bonheur ce film. Merci pour le partage.

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  2. Chef d'oeuvre absolu à mes yeux. Un grand grand merci...

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  3. Bonjour à toutes et à tous,

    Je recherche un film introuvable sur de nombreux blog comme le votre.

    Il s'agit du film Icea Cream Man de 1995 avec le toujours suprenant et très bon Clint Howard.

    Je ne sait pas si sa dit quelque chose à quelqu'un mais si ont pouvait juste me répondre-m'orienter . Merci d'avance et bien à vous +++

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  4. Un grand merci pour le film :)

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  5. Merci pour le film et sa BO

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  6. Un film que j'adore et que je revois regulièrement..Merci pour le partage!

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  7. Excellent moment, oui merci !

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  8. Merci beaucoup ! Ça fait tellement longtemps que je l'avais pas vu !

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  9. Je ne suis vraiment pas amateur de Scorsese, du moins pas de sa production post Raging Bull que je trouve routinière. Alors forcément j'avais adoré qu'il fasse After Hours et sorte enfin de sa fixette sur De Niro. A sa sortie, le film m'avait complétement embarqué dans ses incessants rebondissements, j'avais été sidéré par son rythme, séduit par son clinquant visuel (Coppola avait fait One from the heart peu avant mais c'était encore nouveau que le grain s'estompe).
    Je l'ai revu récemment après l'avoir laissé patiné par l'oubli (n'est-ce pas un bonheur que de redécouvrir un film que l'on a aimé ?) et il m'avait laissé sur ma faim. Gros coup de vieux esthétique, invraisemblances gênantes, interprétations décevantes (Griffin Dunne est hors cause, lui est impeccable), tout cela m'avait soudain paru vain. D'un coup mon After Hours ressemblait à ce qu'à l'origine il tournait en dérision, le milieu bobo arty loft qui lentement dans les années 80 transforma la créative jungle new yorkaise en musée aseptisé.
    Je n'aime pas l'idée d'en rester là, donc merci pour le partage et le chouette texte qui l'accompagne, il m'a donné envie de refaire un tour de manège dans Soho.

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  10. Excellent souvenir. Un récit qui me fait beaucoup penser aux frères Coen.
    Et puis Linda FIORENTINO....
    Pour moi c'est un sommet de sa carrière.
    Bien au-dessus de tout ce qu'il a, hélas, fait (ou commis selon les films) après la clef de voûte "Casino".

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  11. Pour moi C'est un pur chef d'oeuvre
    je l'ai vu au moins 9 fois en salles et je ne compte plus les vision tv (surtout que j'en i fait mon mémoire de fin de scolaritée )
    Pour rajouter à la petite histoire, la proposition de mettre en scene ce film vient des 2 producteurs du film Griffin Dunne et d'une actrice (dont le nom m'echappe à l'instant) et qui joua dans mean Street. c'est sur la premiere version raté de la tempation du Christ que Dunne proposa à Scorsese de le mettre en scene.
    La fin ne satisfaisait pas Scorsese (un peu trop folle) et il fit des screening à ses amis Michael Powell, Terry Gilliam et c'est le réal du voyeur qui suggéra l'idée de la boucle. Par pure hasard un soir dans les surprises de canal plus dans les annees 90 je pris en cours de diff un court metrage en noir et blanc reprenant toutes les scenes coupées du film (avec d'autres acteurs) y compris la fin... impossible de remettre la main sur ce court metrage (pas si interessant que cela) mais qui m'intrigue. Si quelqu'un à une piste ?

    En tout cas peut etre que le film à vielli, peut etre que le coté experimentale fait daté mais il restera à jamais dans mon histoire du cinema.
    J'adore en particulier la scene dans le metro qui reste la plus kafkaienne qui soit mais il me semble qu'on est maintenant dans un monde qui ressemble de plus en plus à ce que dit le guichetier (je pourrais me saouler et raconter...)

    Bonne découverte à ceux qui tenterons l'aventure.
    Pour la BO elle est d'howard shore et fut editée sur une compil il y a une dizaine d'année

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  12. je ne connaissais pas l'affiche polonaise ? en tout cas elle est sublime

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  13. Excellent film! Merci.

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  14. Un grand merci pour ces excellents partages

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  15. un film que j'avais pas mal aimé et pas revu depuis longtemps. Merci bien !

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  16. Merci pour le partage, pas vu depuis longtemps, je m'en vais me rafraîchir la mémoire !

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