C'est Radley Metzger qui est à l'honneur en ce samedi, avec cette "image", remarquable adaptation du sulfureux roman, écrit en 1957, de Catherine Robbe-Grillet (initiée aux pratiques sadomasochistes par son mari, s'il est besoin de le rappeler...).
Metzger a choisi de conserver la structure chapitrale du roman. Le résultat est, comme toujours chez Metzger, esthétisant et raffiné, contrastant ainsi avec la dureté du rituel SM.
Dans la version uncut proposée aujourd'hui, le film outrepasse son statut de softcore, en mettant en scène quelques actes fellatoires et uros non simulés.
Vous retrouverez la splendide et virginale Rebecca Brooke (alias Mary Mendum), mais aussi la très convaincante dominatrice Marilyn Roberts, furtivement croisée deux années plus tard dans le magnifique "A la recherche de Mr Goodbar" de Richard Brooks.
Vous retrouverez la splendide et virginale Rebecca Brooke (alias Mary Mendum), mais aussi la très convaincante dominatrice Marilyn Roberts, furtivement croisée deux années plus tard dans le magnifique "A la recherche de Mr Goodbar" de Richard Brooks.
Merci à l'uploader originel de cette version 1080p (customisée par mes soins pour que ça rentre plus facilement dans vos...DD!), ainsi qu'au traducteur anonyme pour ses sous-titres (synchronisés).
Avant de découvrir les quelques images qui vous mettront, j'espère, en appétit, voilà une excellente chronique trouvée sur Culturopoing...
The Image est un récit initiatique à double sens: il sera celui d’une ingénue aux pratiques sadomasochistes et celui du spectateur face à la puissance évocatrice du cinéma. Grande messe rituelle et profane, The image est un film de sorciers, une réunion de talents animés d’une vision partagée de leur art magique, entre héritage de son histoire et expériences personnelles. Entre le terreau fertile d’une nouvelle qui puise dans la très noble tradition sadienne de l’érotisme, l’expérience d’un chef opérateur qui a travaillé pour Guitry et Bunuel et un réalisateur en pleine possession de ses moyens, tout est réuni pour une grande œuvre, décidément née sous la bonne (é)toile.
Partition crescendo d’un triangle amoureux qui se réalise dans la pratique sadomasochiste, The image
privilégiera le jeu au fait sexuel, animé par une logique du désir
plus qu’une mécanique du plaisir: une logique de distillation, de celle
qui “donne à découvrir” plus qu’à voir. A contrario de la classique
production pornographique, The image en appel à la main et au
regard plus qu’à votre phallus. Il vous faudra frôler un textile,
caresser la chair, choyer un sein ou un pubis pour que la magnifique Rebecca Brooke – que l’on retrouvera, la même année, dans le très beau “Les 1001 perversions de Felicia” -
se découvre à vos yeux: elle sera l’objet de votre convoitise avant
d’être l’instrument de votre plaisir. Et, au seuil du gouffre
vertigineux de la possession, la convoitise en appellera à être comblée.
Dans cette faille viendra se nicher la toute puissance évocatrice du film. D’une épine de rose qui frôle un pubis à l’inventaire, méticuleux et fétichisé, d’instruments sadomasochistes, The image transcende la convoitise en une évocation poétique du charnel, entre rêve et réalité, invoquant des images-fantasmes nourries de symbolisme et de surréalisme. On pense à Luis Bunuel et à Mario Bava, à cette grande tradition “sadienne” du cinéma nourrie de rites et sacrifices, entre sacré et profane.
The image est donc une œuvre érudite, qui n’ignore rien de ses racines et des tensions qui l’animent. En invoquant le mot, à travers un texte dont les chapitres inspirent des inter-titres, puis des formes archétypales et symboliques qui ont traversé l’histoire de l’art, elle est parfaite incarnation d’un érotisme cérébral et délicat: elle en est “l’image” presque parfaite, syncrétisme presque définitif de toutes ses expressions artistiques.
Le film sera alors un double mouvement contradictoire: jaillissement
d’images-fantasmes nées du mot dont on parcourt la surface
délicieusement photographiée et plongeon dans une chair de plus en plus
éprouvée, comme pour mieux revendiquer son existence, et qui serait en
quête d’une matérialité qui dépasserait l’absence-présence de sa
représentation cinématographique. La scène finale sera l’expression
paroxystique de leur rencontre, à la fois épreuve dans la chair
suppliciée en plans larges et visions hallucinées d’un visage en
souffrance en gros plans, dans un éclairage presque stroboscopique.
Dans cette faille viendra se nicher la toute puissance évocatrice du film. D’une épine de rose qui frôle un pubis à l’inventaire, méticuleux et fétichisé, d’instruments sadomasochistes, The image transcende la convoitise en une évocation poétique du charnel, entre rêve et réalité, invoquant des images-fantasmes nourries de symbolisme et de surréalisme. On pense à Luis Bunuel et à Mario Bava, à cette grande tradition “sadienne” du cinéma nourrie de rites et sacrifices, entre sacré et profane.
The image est donc une œuvre érudite, qui n’ignore rien de ses racines et des tensions qui l’animent. En invoquant le mot, à travers un texte dont les chapitres inspirent des inter-titres, puis des formes archétypales et symboliques qui ont traversé l’histoire de l’art, elle est parfaite incarnation d’un érotisme cérébral et délicat: elle en est “l’image” presque parfaite, syncrétisme presque définitif de toutes ses expressions artistiques.
Le film sera alors un double mouvement contradictoire: jaillissement
d’images-fantasmes nées du mot dont on parcourt la surface
délicieusement photographiée et plongeon dans une chair de plus en plus
éprouvée, comme pour mieux revendiquer son existence, et qui serait en
quête d’une matérialité qui dépasserait l’absence-présence de sa
représentation cinématographique. La scène finale sera l’expression
paroxystique de leur rencontre, à la fois épreuve dans la chair
suppliciée en plans larges et visions hallucinées d’un visage en
souffrance en gros plans, dans un éclairage presque stroboscopique.
On retrouve cette logique de
contradiction au sein d’un triangle amoureux qui met en jeu des
relations de domination et soumission. Épousant ses multiples points de
vue, Radley Metzger déstabilise et questionne un spectateur,
trop conforté dans sa position de dominateur, définitivement en sécurité
derrière un quatrième mur. A la fois complice et victime, dominant et
dominé, celui de The image est malmené: il n’est plus ce
spectateur démiurge qui décide, celui-là même qui trouve, au sein d’une
production pornographique normalisé, l’objet de son contentement.
Embrassant son sujet pour en faire son principe, The image semble vous posséder un instant. Son rite cinématographique est en marche, votre initiation de spectateur à commencé.
(Benjamin Cocquenet pour CULTUROPOING)
...
THE IMAGE (VOST)
UNCUT / 1080p_light
AKA The Punishment of Anne / The Mistress and the Slave /
L'Image / L'Esclave / L'Esclave du Plaisir
Réalisation : Radley Metzger
Scénario : Radley Metzger, d'après le roman "L'Image", de Catherine Robbe-Grillet
Production : Gill Champion, Max Pécas, Marty Richards
Photographie : Robert Lefebvre
Avec : Rebecca Brooke (comme Mary Mendum), Carl Parker, Marilyn Roberts, Valérie Marron, Michelle Vence, Estelle McNalley, Nicole Rochambeau...
"A Paris. Un homme revient dans le milieu brillant qu'il a quitté quelques années auparavant. Il va retrouver une femme qui le tint toujours étrangement éloigné et il va découvrir une jeune fille romantique et mystérieuse. Cette rencontre de trois êtres va peut-être leur permettre de se définir..."
LA BANDE ORIGINALE




























































Merci !
RépondreSupprimerA noter que ce film est toujours sous le coup d'une interdiction totale par la censure française depuis son tournage, interdiction que Max Pecas, coproducteur du film, a tenté en vain de lever en le représentant plusieurs fois à la commission de classification dans les années 80.
Anne Onime
J'avais omis cette info de taille! Merci à toi de préciser la chose. La commission de censure évoque, entre autre, "la qualité esthétique du film, qui est incontestable, est bien une circonstance aggravante, car elle accroit son impact" (commission de censure du 20/10/1981)...
SupprimerSuperbe film, et j'adore Rebecca Brooke :)
RépondreSupprimerJ'avais jadis posté ce film dans une version non sous-titréen je vais être ravi de le voir en VOSTFR.
Au passage, voici un lien vers la BO:
http://smutwardho.blogspot.fr/2014/02/various-artists-image-ost-fraykers.html
Super merci pour la BO!!
SupprimerContent de voir ce film enfin .
RépondreSupprimerJe connaissais déja Rebecca Brooke après le " Abigail Leslie is back in town " vu il y a quelques années et que j'avais trouvé fort convaincante .
Je ne susi pas plus interessé que ça par le SM mais le film a l'air très soigné et le fait qu'il reste inetrdit des decennies après aiguise ma curiosité .
Merci en tout cas du partage .
Je cherche La femme-objet avec Marilyn Jess, je me retrouve avec un choix hétéroclite de films de fesses. Je n'ai d'autres choix que de les prendre tous LOL.
RépondreSupprimermerci beaucoup pour cette rareté
RépondreSupprimerMerci beaucoup
RépondreSupprimer(une decouverte,je ne connais pas du tout)
Hello !
RépondreSupprimerMerci pour la B.O du film .
Le film en lui même ne m'intéresse pas mais j'ai été surpris de voir que c'était Radley Metzger à la réalisation .
Radley Metzger est un réalisateur dont je ne connaissais jusqu'à présent qu'un seul film , une version du célèbre "The cat and the canary" qui vaut le coup d'être vu au moins une fois pour ceux qui connaissent et aiment ce sujet .
Bonne journée à tous !
Oeuvre très esthétique à découvrir pour moi, merci Locostone
RépondreSupprimerMerci, je vais découvrir ça.
RépondreSupprimerUn petit reup please ?!
RépondreSupprimerBonjour , serait-il possible d’avoir un nouveau lien svp ?
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