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mardi 17 mars 2020

L’ÉTREINTE (VF) / LOUISA, UN MOT D'AMOUR (VOST) (Paul Collet et Pierre Drouot, 1969 / 1972) + Bonus


Après des débuts corsés avec les films à scandale CASH? CASH! (1967) et L'ETREINTE (1968) Paul Collet et Pierre Drouot se tournent vers la génération peace and love et un public qui avait découvert le cinéma flamand avec MIRA. 
LOUISA est un film en costume qui se déroule peu après la Première Guerre mondiale. Willeke Van Amelrooy, la vedette de MIRA, y interprète le rôle d’une aristocrate curieuse et épicurienne qui s'abandonne dans un ménage à trois avec deux bohémiens. 
Moins romantique, moins drapé de dentelle, c’est L'ETREINTE, film avec lequel Collet et Drouot ont envoyé au tapis le Festival national du film belge d'Anvers en 1969. Un riche et jeune homme soumet une jeune bonne naïve à ses fantaisies érotiques et se retrouve bien dépité lorsqu’à la fin du film, le rapport de force se retrouve inversé. 
http://www.malavidafilms.com/dvd-louisa-un-mot-d-amour-%C2%A0-%C2%A0l-etreinte----252.htmlLa thématique osée combinée à un angle psychologique était d’une nouveauté jamais vue pour l’époque.



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France / Belgique / 1969
Titre : L'Étreinte
Réalisation : Paul Collet, Pierre Drouot
Scénario : Paul Collet et Pierre Drouot
Photographie : Guido Collet
Musique : Roger Mores
Montage : Jean-Claude Serny
Avec : Nathalie Vernier, Daniel Vigo, Laetitia Sorel, Oscar Delmart...


https://www.imdb.com/title/tt0064290/







"Gisèle, une jeune fille naïve, est engagée comme gouvernante par Michel, bourgeois libertin. Des rapports de domination, à tous égards, se développent entre eux. Léni, amie de Michel, profite de l'absence de ce dernier pour tenter de faire prendre conscience à Gisèle de son aliénation..."




A la fois esthètes et petits malins, les deux jeunes réalisateurs que sont Paul Collet et Pierre Drouot montent au milieu des années 60 une maison de production qui leur permet de mener à bien leurs longs-métrages, généralement des bandes qui ne cessent de défier la censure, ou du moins de jouer avec son relâchement. Après avoir déjà dégoupillé un Cash ! Cash ! (1966) qui a connu un joli succès, ils s’attaquent avec L’étreinte à l’érotisme le plus pervers qui soit. Toutefois, si le parfum de scandale entoure chacune de leurs œuvres, celles-ci ne doivent en aucun cas être réduites à des tentatives mercantiles afin de gagner le plus d’argent possible. Choquant, L’étreinte ne l’est plus guère aujourd’hui, mais dérangeant, assurément. En se concentrant durant plus d’une heure et demie sur la relation amoureuse et sexuelle entre un homme et une femme, le tout à huis clos, le duo risquait d’ennuyer. Avec une incroyable maestria, ils auscultent le glissement progressif du désir des deux personnages, faisant preuve d’une belle acuité du regard.

L’homme, tout d’abord, est un bourgeois décadent, sorte de dandy sans classe qui serait issu de la littérature fin de siècle (19ème, bien sûr !) . On le croirait sorti tout droit d’un roman d’Oscar Wilde ou encore de Joris-Karl Huysmans avec son obsession pour la domination sur le sexe faible et son goût pour les jeux pervers et le sado-masochisme. La femme, ensuite, est une jeune domestique naïve qui tombe d’abord sous le charme d’un homme captivant, avant de s’apercevoir que celui-ci se joue d’elle. Dans ces rapports troublants où chacun joue à dominer et à humilier l’autre, on retrouve le charme vénéneux des films érotiques japonais, du Lunes de fiel de Polanski ou encore du récent The housemaid.

Avec sa thématique principale fondée sur la lutte des classes, sa volonté de citer sans cesse ses sources d’inspiration et le jeu des acteurs très artificiel (les répliques sont récitées), L’étreinte se rapproche finalement des œuvres les plus audacieuses de la Nouvelle vague française. Proche également du cinéma érotico-intimiste d’un certain Jean-François Davy, ce long-métrage aussi troublant que fascinant garde encore aujourd’hui un charme fou. Il est toutefois réservé à un public averti puisque les plaisirs de la chair s’accompagnent ici d’infinies douleurs. L’étreinte est donc une plaie ouverte qui souhaiterait ne jamais cicatriser (à voir - à lire)








 

Pays Bas / Belgique / 1972

Titre original néerlandais : Louisa, een woord van liefde

Titre français : Louisa, un mot d'amour
Réalisation : Paul Collet, Pierre Drouot 
Scénario : Paul Collet, Pierre Drouot
Photographie : Eduard van der Enden
Montage : August Verschueren
Musique : Roger Mores
Avec : Roger Van Hool, Willeke van Ammelrooy, André van den Heuvel, Alison Macro, Joris Collet, Lo van Hensbergen, Jet Naessens, Paul S'Jongers, Martha Dewachter, Hugo Metsers, Denise Zimmerman, Cara Van Wersch, Annelies Vaes, Bert André, Cara Fontaine...


https://www.imdb.com/title/tt0222159/









"Peu avant la guerre de 14-18 dans une bourgade flamande, une jeune femme issue de la haute bourgeoisie tombe amoureuse de deux hommes iconoclastes. Leurs amours triangulaires leur attirent l’opprobre de la bonne société..."




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Alors qu’ils viennent de déclencher un véritable scandale en Belgique grâce à leurs deux premiers films (Cash ? Cash ! en 1967 et L’étreinte, l’année suivante), les membres fondateurs du collectif Showking, Paul Collet et Pierre Drouot, se lancent dans une production plus onéreuse en 1972. Porté par le triomphe du film historique Mira, le cinéma flamand est alors en pleine effervescence et de nombreuses œuvres comme ce Louisa tentent avec plus ou moins de succès de surfer sur la vague du film classique en costumes. Alors que leurs premiers essais étaient des films farouchement indépendants que l’on pourrait facilement rapprocher de la nouvelle vague française, Collet et Drouot se glissent ici avec habileté dans le style classique du cinéma flamand pour confronter un plus large public à leurs positions politiques radicales. Effectivement, sous ses dehors romantiques et son classicisme de façade se dissimule un petit brûlot contestataire bien dans l’air du temps en ce début des années 70.


Louisa, un mot d’amour nous invite à suivre tout d’abord des parias de la bonne société (une orpheline, un saltimbanque et un enseignant licencié à cause de ses positions politiques trop progressistes) que les auteurs mettent en présence d’une jeune fille riche promise à un mariage qui la dégoûte. Dès le départ, les cinéastes se rangent du côté de ces marginaux et stigmatisent l’ordre établi en caricaturant les bourgeois (tous odieux), les militaires et les hommes d’Eglise. Ce point de vue qui prend pour cible les travers d’une société normative étouffante ne sera jamais remis en cause par la suite, les auteurs allant jusqu’à vanter les mérites de l’amour libre et de la vie communautaire dans un grand bain révolutionnaire qui s’inscrit pleinement dans la période libertaire post-1968. Cette très belle histoire de triangle amoureux à la Jules et Jim n’en est pas moins réalisé avec beaucoup de tact et de sensibilité, loin de la provocation parfois gratuite des films précédents du duo.
Outre un message hautement subversif pour l’époque, Louisa, un mot d’amour est également l’occasion pour les réalisateurs de rendre hommage aux peintres impressionnistes de la fin du 19ème siècle. A l’aide d’images splendides, chaque plan se réfère aux toiles de Monet, de Renoir et bien évidemment de Manet. Ainsi, la fabuleuse séquence qui fait directement référence au Déjeuner sur l’herbe nous emporte en un frisson vers des sommets d’érotisme et de poésie. Si la construction binaire du scénario (les bourgeois sont cruels et les progressistes sont des martyrs) ne peut pas totalement satisfaire, la beauté de la musique, la splendeur des images et le romantisme échevelé de la dernière séquence font de Louisa une œuvre à redécouvrir de toute urgence. Elle confirmait alors la bonne santé du cinéma flamand et l’aura magnétique de la très belle Willeke Van Ammelrooy, déjà au centre de toutes les attentions dans Mira. Tout bonnement indispensable.

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 Willeke van Ammelrooy
  (Sex Stars System #3 - 1975)



















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 LES ARCHIVES COLLET / DROUOT (44 minutes)





23 commentaires:

  1. Un énorme merci. Je ne connais pas du tout mais ca fait envie, un très beau programme. Bravo pour le partage et la découverte
    Superdiabolik

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  2. Ça à l'air bien déviant. Je vais tenter le premier. Merci.

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  3. Super choix !
    Merci de penser à poster les bonus avec, c'est parfait.

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  4. On retrouve, avec cette belle programmation, tout le cinéma de Locostone tel qu'il aime nous le faire découvrir : des films rares, intéressants, recherchés du point de vue de la substance de l'oeuvre, qui offre un beau panorama en termes de diversité et de richesse culturelle !

    Bravo, car ce film sera pour moi une totale découverte et l'allusion picturale aux impressionnistes fait mouche, la lecture de la présentation donne indubitablement envie d'aller plus loin.

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  5. Merci beaucoup
    Je connaissais Louisa et donc très content de découvrir le reste

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  6. merci beaucoup cher locostone; ce sera une découverte précieuse. cheers!

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  7. Allez je me lance, je ne suis pas un habitué des commentaires. Seulement là, je dois avouer que votre site est vraiment super. Je tiens donc à vous remercier grandement pour le travail titanesque que vous effectuez pour le plaisir de gens qui ne s'en rendent pas toujours compte. Des films introuvables ailleurs, et de bonne qualité, des sous-titres (donc des traducteurs), et la cerise sur le gâteau, en plus du synopsis, vous postez des articles, liens, et autres commentaires qui vous dit où vous mettez les pieds. Ici, on ne télécharge pas un film à l'aveugle juste par l'affiche ou le synopsis bien souvent très maigre ailleurs !
    Bravo et félicitations encore à toute l'équipe.
    Bonne continuation.

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  8. Je sais ce que je vais regarder ce soir.
    Merci pour ces films qui sentent bon les 70's .

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  9. Des choix originaux et inusités encore une fois, merci beaucoup !

    Au cours des années 1970, Willeke van Ammelrooy "tomba dans l'oeil" de Jean-Marie Pallardy, réalisateur au parcours particulier, dont les films tournés à l'arraché ont chaque fois l'intérêt de donner des rôles à des personnalités hautes en couleur, comme Michel Lemoine, Alice Arno, Ajita Wilson... L'actrice s'ajouta donc à l'équipe "Pallardy" pour plusieurs titres.

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  10. Merci pour ces deux films qui attisent macuriosité !!

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  11. 2 cinéastes un peu oubliés , et c'est bien dommage, car leurs œuvres , dont ces 2 films revus avec plaisir, ne manquent pas de charmes. Mer Locostone pour cette piqure de rappel.

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    1. a rajouter "ci" après le "Mer" du com ci-dessus (et non, pas, merguez, mercurochrome ni mérou)!

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  12. Bonjour à tous, une personne aurait il de nouveaux liens s'il vous plait ? Merci d'avance.

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