Après des débuts corsés avec les films à scandale CASH? CASH! (1967) et L'ETREINTE (1968) Paul Collet et Pierre Drouot se tournent vers la génération peace and love et un public qui avait découvert le cinéma flamand avec MIRA.
LOUISA est un film en costume qui se déroule peu après la Première Guerre mondiale. Willeke Van Amelrooy, la vedette de MIRA, y interprète le rôle d’une aristocrate curieuse et épicurienne qui s'abandonne dans un ménage à trois avec deux bohémiens.
Moins romantique, moins drapé de dentelle, c’est L'ETREINTE, film avec lequel Collet et Drouot ont envoyé au tapis le Festival national du film belge d'Anvers en 1969. Un riche et jeune homme soumet une jeune bonne naïve à ses fantaisies érotiques et se retrouve bien dépité lorsqu’à la fin du film, le rapport de force se retrouve inversé.
La thématique osée combinée à un angle psychologique était d’une nouveauté jamais vue pour l’époque.
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France / Belgique / 1969
Titre : L'Étreinte
Réalisation : Paul Collet, Pierre Drouot
Scénario : Paul Collet et Pierre Drouot
Photographie : Guido Collet
Musique : Roger Mores
Montage : Jean-Claude Serny
Avec : Nathalie Vernier, Daniel Vigo, Laetitia Sorel, Oscar Delmart...
"Gisèle, une jeune fille naïve, est engagée comme gouvernante par Michel,
bourgeois libertin. Des rapports de domination, à tous égards, se
développent entre eux. Léni, amie de Michel, profite de l'absence de ce
dernier pour tenter de faire prendre conscience à Gisèle de son
aliénation..."
A la fois esthètes et petits malins, les deux jeunes réalisateurs que
sont Paul Collet et Pierre Drouot montent au milieu des années 60 une
maison de production qui leur permet de mener à bien leurs
longs-métrages, généralement des bandes qui ne cessent de défier la
censure, ou du moins de jouer avec son relâchement. Après avoir déjà
dégoupillé un Cash ! Cash ! (1966) qui a connu un joli succès, ils s’attaquent avec L’étreinte
à l’érotisme le plus pervers qui soit. Toutefois, si le parfum de
scandale entoure chacune de leurs œuvres, celles-ci ne doivent en aucun
cas être réduites à des tentatives mercantiles afin de gagner le plus
d’argent possible. Choquant, L’étreinte ne l’est plus guère
aujourd’hui, mais dérangeant, assurément. En se concentrant durant plus
d’une heure et demie sur la relation amoureuse et sexuelle entre un
homme et une femme, le tout à huis clos, le duo risquait d’ennuyer. Avec
une incroyable maestria, ils auscultent le glissement progressif du
désir des deux personnages, faisant preuve d’une belle acuité du regard.
L’homme, tout d’abord, est un bourgeois décadent, sorte de dandy sans
classe qui serait issu de la littérature fin de siècle (19ème, bien
sûr !) . On le croirait sorti tout droit d’un roman d’Oscar Wilde ou
encore de Joris-Karl Huysmans avec son obsession pour la domination sur
le sexe faible et son goût pour les jeux pervers et le sado-masochisme.
La femme, ensuite, est une jeune domestique naïve qui tombe d’abord sous
le charme d’un homme captivant, avant de s’apercevoir que celui-ci se
joue d’elle. Dans ces rapports troublants où chacun joue à dominer et à
humilier l’autre, on retrouve le charme vénéneux des films érotiques
japonais, du Lunes de fiel de Polanski ou encore du récent The housemaid.
Avec
sa thématique principale fondée sur la lutte des classes, sa volonté de
citer sans cesse ses sources d’inspiration et le jeu des acteurs très
artificiel (les répliques sont récitées), L’étreinte se rapproche
finalement des œuvres les plus audacieuses de la Nouvelle vague
française. Proche également du cinéma érotico-intimiste d’un certain
Jean-François Davy, ce long-métrage aussi troublant que fascinant garde
encore aujourd’hui un charme fou. Il est toutefois réservé à un public
averti puisque les plaisirs de la chair s’accompagnent ici d’infinies
douleurs. L’étreinte est donc une plaie ouverte qui souhaiterait ne jamais cicatriser (à voir - à lire)
Pays Bas / Belgique / 1972
Titre original néerlandais : Louisa, een woord van liefde
Titre français : Louisa, un mot d'amour
Réalisation : Paul Collet, Pierre Drouot
Scénario : Paul Collet, Pierre Drouot
Photographie : Eduard van der Enden
Montage : August Verschueren
Musique : Roger Mores
Avec : Roger Van Hool, Willeke van Ammelrooy, André van den Heuvel, Alison Macro, Joris Collet, Lo van Hensbergen, Jet Naessens, Paul S'Jongers, Martha Dewachter, Hugo Metsers, Denise Zimmerman, Cara Van Wersch, Annelies Vaes, Bert André, Cara Fontaine...
"Peu avant la guerre de 14-18 dans une bourgade flamande, une jeune femme
issue de la haute bourgeoisie tombe amoureuse de deux hommes
iconoclastes. Leurs amours triangulaires leur attirent l’opprobre de la
bonne société..."
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Alors qu’ils viennent de déclencher un véritable scandale en Belgique grâce à leurs deux premiers films (Cash ? Cash ! en 1967 et L’étreinte,
l’année suivante), les membres fondateurs du collectif Showking, Paul
Collet et Pierre Drouot, se lancent dans une production plus onéreuse en
1972. Porté par le triomphe du film historique Mira, le cinéma flamand est alors en pleine effervescence et de nombreuses œuvres comme ce Louisa
tentent avec plus ou moins de succès de surfer sur la vague du film
classique en costumes. Alors que leurs premiers essais étaient des films
farouchement indépendants que l’on pourrait facilement rapprocher de la
nouvelle vague française, Collet et Drouot se glissent ici avec
habileté dans le style classique du cinéma flamand pour confronter un
plus large public à leurs positions politiques radicales. Effectivement,
sous ses dehors romantiques et son classicisme de façade se dissimule
un petit brûlot contestataire bien dans l’air du temps en ce début des
années 70.
Louisa, un mot d’amour nous invite à suivre tout d’abord des
parias de la bonne société (une orpheline, un saltimbanque et un
enseignant licencié à cause de ses positions politiques trop
progressistes) que les auteurs mettent en présence d’une jeune fille
riche promise à un mariage qui la dégoûte. Dès le départ, les cinéastes
se rangent du côté de ces marginaux et stigmatisent l’ordre établi en
caricaturant les bourgeois (tous odieux), les militaires et les hommes
d’Eglise. Ce point de vue qui prend pour cible les travers d’une société
normative étouffante ne sera jamais remis en cause par la suite, les
auteurs allant jusqu’à vanter les mérites de l’amour libre et de la vie
communautaire dans un grand bain révolutionnaire qui s’inscrit
pleinement dans la période libertaire post-1968. Cette très belle
histoire de triangle amoureux à la Jules et Jim n’en est pas
moins réalisé avec beaucoup de tact et de sensibilité, loin de la
provocation parfois gratuite des films précédents du duo.
Outre un message hautement subversif pour l’époque, Louisa, un mot d’amour
est également l’occasion pour les réalisateurs de rendre hommage aux
peintres impressionnistes de la fin du 19ème siècle. A l’aide d’images
splendides, chaque plan se réfère aux toiles de Monet, de Renoir et bien
évidemment de Manet. Ainsi, la fabuleuse séquence qui fait directement
référence au Déjeuner sur l’herbe nous emporte en un frisson vers
des sommets d’érotisme et de poésie. Si la construction binaire du
scénario (les bourgeois sont cruels et les progressistes sont des
martyrs) ne peut pas totalement satisfaire, la beauté de la musique, la
splendeur des images et le romantisme échevelé de la dernière séquence
font de Louisa une œuvre à redécouvrir de toute urgence. Elle
confirmait alors la bonne santé du cinéma flamand et l’aura magnétique
de la très belle Willeke Van Ammelrooy, déjà au centre de toutes les
attentions dans Mira. Tout bonnement indispensable.
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Willeke van Ammelrooy
(Sex Stars System #3 - 1975)
















































































Un énorme merci. Je ne connais pas du tout mais ca fait envie, un très beau programme. Bravo pour le partage et la découverte
RépondreSupprimerSuperdiabolik
Ça à l'air bien déviant. Je vais tenter le premier. Merci.
RépondreSupprimerMerci pour "Louise".
RépondreSupprimerSuper choix !
RépondreSupprimerMerci de penser à poster les bonus avec, c'est parfait.
grandement merci
RépondreSupprimerOn retrouve, avec cette belle programmation, tout le cinéma de Locostone tel qu'il aime nous le faire découvrir : des films rares, intéressants, recherchés du point de vue de la substance de l'oeuvre, qui offre un beau panorama en termes de diversité et de richesse culturelle !
RépondreSupprimerBravo, car ce film sera pour moi une totale découverte et l'allusion picturale aux impressionnistes fait mouche, la lecture de la présentation donne indubitablement envie d'aller plus loin.
Merci beaucoup
RépondreSupprimerJe connaissais Louisa et donc très content de découvrir le reste
merci beaucoup cher locostone; ce sera une découverte précieuse. cheers!
RépondreSupprimerAllez je me lance, je ne suis pas un habitué des commentaires. Seulement là, je dois avouer que votre site est vraiment super. Je tiens donc à vous remercier grandement pour le travail titanesque que vous effectuez pour le plaisir de gens qui ne s'en rendent pas toujours compte. Des films introuvables ailleurs, et de bonne qualité, des sous-titres (donc des traducteurs), et la cerise sur le gâteau, en plus du synopsis, vous postez des articles, liens, et autres commentaires qui vous dit où vous mettez les pieds. Ici, on ne télécharge pas un film à l'aveugle juste par l'affiche ou le synopsis bien souvent très maigre ailleurs !
RépondreSupprimerBravo et félicitations encore à toute l'équipe.
Bonne continuation.
Merci pour ces films
RépondreSupprimerMerci.
RépondreSupprimerJe sais ce que je vais regarder ce soir.
RépondreSupprimerMerci pour ces films qui sentent bon les 70's .
Des choix originaux et inusités encore une fois, merci beaucoup !
RépondreSupprimerAu cours des années 1970, Willeke van Ammelrooy "tomba dans l'oeil" de Jean-Marie Pallardy, réalisateur au parcours particulier, dont les films tournés à l'arraché ont chaque fois l'intérêt de donner des rôles à des personnalités hautes en couleur, comme Michel Lemoine, Alice Arno, Ajita Wilson... L'actrice s'ajouta donc à l'équipe "Pallardy" pour plusieurs titres.
Merci
RépondreSupprimerBisous
Isabelle
Merci pour ces deux films qui attisent macuriosité !!
RépondreSupprimermerci
RépondreSupprimerMerci pour cette découverte
RépondreSupprimer2 cinéastes un peu oubliés , et c'est bien dommage, car leurs œuvres , dont ces 2 films revus avec plaisir, ne manquent pas de charmes. Mer Locostone pour cette piqure de rappel.
RépondreSupprimera rajouter "ci" après le "Mer" du com ci-dessus (et non, pas, merguez, mercurochrome ni mérou)!
SupprimerBonjour à tous, une personne aurait il de nouveaux liens s'il vous plait ? Merci d'avance.
RépondreSupprimernon !!!
SupprimerUn grand merci
Supprimermerci
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