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mardi 8 septembre 2026

MENU TOTAL 1986 VOSTFR (1080p) RE-UP !


 

Réalisation & scénario : Christoph Schlingensief

Production : Christoph Schlingensief, Wolfgang Schulte

Musique : Helge Schneider

Pays; Allemagne

Avec : Anna Fletcher, Reinald Schnell, Helge Schneider

LIEN (Merci à Anonyme)





"Une nuit, dans une ville d'Allemagne, plongée dans le chaos. Un groupe d'hommes et de femmes, revêtus d'uniformes datant de la Seconde Guerre mondiale, chantent à la gloire d'un individu. L'Humanité tout entière, disent-ils, lui sera un jour reconnaissant. Assis sur une balançoire, un jeune et un vieil homme assistent à la scène en se serrant la main. Soudain, une sirène retentit. Des voyous s'en prennent à une femme rasée. Une chorale réclame de la musique. Le garçon met sa radio. Du jazz crépite..."


"Même si vous ignorez le point de vue métaphysique et choisissez de regarder le monde du côté rationnel c'est à dire de l'extérieur, il vous faut tout de même un minimum de compréhension pour en saisir l'unité. La lutte pour l'existence et pour l'enfant à problèmes doit être menée en permanence."

Voici ce que hurle un des personnages traversant un bois sous le bruit des bombes, poussant frénétiquement sa femme à moitié nue en chaise roulante. C'est bien évidemment une phrase sur le film lui-même, phrase que le réalisateur a choisi comme point d'entrée de cette œuvre. 

Autant le dire tout de suite, ce n'est pas un film facile, aucun de ceux de Schlingensief ne le sont de toute façon. C'est un réalisateur hardcore, qui s'érige presque en directe évolution du cinéma de Fassbinder et de Lynch. Pourtant, le film auquel il m'a le plus fait penser, c'est la Cité des Femmes, de Fellini. On y trouve la même énergie anarchiste, le même bordel permanent et la même énergie contrastée, incarnée d'un côté par des personnages hystériques, de l'autre par une caméra au calme exemplaire. Rarement aura-t'on vu une mise en scène si posée pour un tel déferlement de folie. Voir, en plan fixe, large, ce père couché au côté de son fils, la trentaine mais au t-shirt bien trop petit pour lui, lécher son oreille et réciter ce qui se rapproche d'une litanie funèbre. Ou bien cet obèse à la tête horrible (qu'il m'excuse si il me lit), tripoter puis manger ce qui ressemble à une cervelle gluante ou à une bouillie de tripes, jusqu'à ce qu'un moustachu lui insère ses doigts dans la bouche, lui faisant vomir ce qui ressemblait pourtant à un si bon repas, dans un long gros plan aux mouvements rares. C'est quelque chose.

Et là où de pareilles scènes pouvaient se retrouver chez Fellini (plus contrastée quand même) ou chez Lynch, il existe pourtant une différence fondamentale entre les artistes. Fellini et Lynch travaillent d'arrache-pied pour insérer cette bizarrerie ambiante dans un contexte plausible. Autant le dire tout de suite, Schlingensief s'en bat les couilles de la plausibilité.

Les seules infos sures qu'on obtient à la fin du récit, c'est qu'on est en Allemagne. Pour le reste ... Le film s'amuse, grâce au montage, grâce aux angles de caméras, grâce à la destruction de règles (ses essais sur la règle des 180 est fascinant, tant parfois, à cause de ce qui est montré, on l'oublie, mais il la transgresse presque sans cesse), de nous balader d'une réalité à une autre. D'une temporalité à une autre. Les dialogues n'ont pour la plupart aucun sens. Et quand ils en ont, ils n'en ont qu'en tant que commentaire direct sur le film en tant qu'essais. Ou bien ce sont des citations nazies. Ça dépendra.

Schlingensief est une figure contestée dans le cinéma Allemand. Depuis ses premiers films, de nombreux professionnels du métier se poseront la question de la qualité, et surtout du sens, de son héritage. Donc au final, de quoi parle menu total ? Du nazisme ? Sans doute, comme tous ses films. De la représentation de la violence ? Peut-être. Du conformisme de du cinéma ? Du futur ? De rien du tout ? Je n'en sais foutre rien.

Ce que je sais en revanche, c'est que ça m'a plu, beaucoup. D'une part parce que ça faisait longtemps que j'avais pas vu un film vraiment bizarre, ça rafraichit à l'heure ou la grande majorité des films me font chier. D'autre part car le rythme est parfait à mon sens, on alterne différentes mini scaynetes sans que ça ait le moindre sens, certes, mais elles durent à chaque fois ce qu'il faut de temps pour nous émouvoir, nous émerveiller ou nous dégouter. Car oui, si je mets surtout en avant le caractère dégueulasse du film, car il est majoritaire (pensée à cet enchaînement : citation nazie - viol d'handicapée - mangeage de cerveau en quelques minutes), il y a aussi de beaux moments de grâce au milieu de ce zbeul incessant. La danse entre le fils (? je sais pas en vrai si c'est le fils ou quelqu'un d'autre) et sa mère handicapée aurait pu figurer dans un Tarkovski tant c'est beau.

Pour conclure, enfin, je pense que c'est le genre de film qui n'est pas destiné à tout le monde, pour certains ça ira à l'encontre de leur idée du cinéma, pour d'autre, ce sera juste vulgaire et chiant. Mais je pense que ce genre de film est à saluer, justement, pour cette capacité intrinsèque à diviser le public tout en posant de réelles pistes de réflexion sur le médium. Sans doute un des meilleurs films de cinéma sur le cinéma que j'ai eu l'occasion de voir ces derniers temps. (PizzaMegazord)
























14 commentaires:

  1. ça a l'air chelou cette affaire.
    merci

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  2. Et existerait-il quelque part une copie d'United Trash (autre ovni cinématographique de Schlingensief avec Udo Kier et Kitten Natividad, pas moins !) vu jadis dans un aussi improbable qu'éphémère festival dédié au mauvais genre à Lille ?

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  3. Très curieux de découvrir cette curiosité.

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  4. Bonjour, pourriez vous réupload "tire encore si tu peux" car les liens sont morts. Merci beaucoup pourle travail fait sur ce blog, qui m'a permis de découvrir de vrais bijoux du 7éme art.

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  5. Oui, c’est du cinéma, du moment qu’une personne filme, et qu’une personne s’agite devant. Seulement le descriptif de ce film me dont des démangeaisons. La vie est suffisamment compliquée le jour pour que le soir venu, j’en rajoute une couche avec un film qui fait « réfléchir ». Ça urge la carafe de tisane calmante !

    Chapeau bas au courageux et merci de m’avoir prévenu !

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  6. ça à l'air bien gargantuesque ce menu , merci Loco et Humungus

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  7. du lourd et une totale découverte. merci bien.

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  8. Spécial! Merci pour cette découverte.

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  9. Effectivement, c'est une belle bizarrerie ce film.Comme d'habitude avec Christoph Schlingensief, on navigue entre le z pur et dur, et le film très auteurisant. C'est souvent insupportable et génial à la fois.Après, les comparaisons avec Lynch,Fellini,Fassbinder ou Tarkowski faite dans l'analyse de PizzaMegazord, me semblent assez audacieuses, je ne vois pas du tout quel peut bien être le rapport entre Schlingensief et ces 4 cinéastes.
    Un peu dommage par contre, cette fascination assez ambiguë pour le nazisme, je comprends bien que la provoque ça paye, mais bon...
    https://youtu.be/-MkRuV0aCcI
    Merci Locostone

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  10. Merci infiniment pour cette découverte !

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  11. Chapeau bas pour ce partage, et merci

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